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La Couche du Diable, l’oud selon Serge Lutens

La Couche du Diable, l’oud selon Serge Lutens

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La Couche du Diable, Serge Lutens interprète l’oud

Avec La Couche du Diable, le nouveau parfum Serge Lutens renoue avec la tradition. des grands parfums orientaux caractéristiques de la marque. Mais si Ambre Sultan, Vétiver Oriental et Chergui présentaient une composition olfactive basée sur d’amples extraits d’encens, d’épices, d’ambre ou de patchouli, La Couche du Diable utilise pour la première fois ce composant star dont toutes les marques de parfumerie de niche se doivent décliner dans un parfum de leurs collections, à savoir le Oud si prisé au Moyen-Orient. Cet ingrédient puissant exhalant des notes boisées, cuirées et animales n’est plus seulement prisé par quelques initiés, son appétence est le plus souvent limitée par son prix, le coût de l’oud étant du niveau du prix de l’or.
Avec La Couche du Diable, Serge Lutens nous présente, une évidence, un Oud atypique d’une qualité incomparable, sombrement boisé, chaud et légèrement balsamique, animé  par une combinaison d’un ciste résineux et d’un accord fruité et sirupeux. Une fragrance profonde et séduisante décrite par Serge Lutens, comme »un voile diabolique et somptueux d’indulgence et de remords pour une première transgression ».

La Couche du Diable, il dort sur de la braise

A pourpenser l’énonciation liminaire du nouveau parfum :

« De l’infâme, il revêt la livrée : une longue cape noire ouverte sur le rouge d’un collant gainant le corps et le crâne. De la découpe de cette cagoule se détache une figure. Prenant appui de la racine du nez jusqu’au plus haut des tempes, un sourcil oblique grimace le portrait de Satan. Pas plus qu’aujourd’hui une tête de mort ne nous effraie, cette image surannée venue du fond des âges n’incarne le goût du pêché. À qui profite le crime, à celui qui s’avoue ? Mais comment l’innocent pourrait-il se déclarer coupable ? Et pourtant…
Quand le vase trônant sur le manteau de cheminée tomba, le bruit étouffé du verre sur le tapis fit accourir la mère. L’enfant tenait encore en mains le napperon, responsable de la chute. Comme une offrande offerte aux dieux, elle remonta l’objet à plat sur ses deux mains. Dans un monologue qui ne semblait prendre fin, elle répétait :
– C’est pas possible, c’est pas possible !
Sa voix était sourde. Savait-elle elle-même qu’elle parlait ? Peut-être s’adressait- elle à la fêlure qui traversait sa vie.
– C’est pas possible…
Mais ce n’était qu’un vase. Jamais de mémoire, ni hampe, ni tige afin d’un bouquet, n’avait vu en son eau s’ouvrir une fleur.
– Regarde ce que tu as fait !
Des yeux, elle fixait les doigts qui pinçaient le feston du napperon. Lorsqu’on est âgé de quatre ou cinq années, on accorde une âme à chaque chose.
– Et ça, qu’est-ce que c’est ? dit-elle en avisant la dentelle.
– Du dessus de la cheminée elle bavait. C’est pas moi, c’est ma main. C’est le vase – qui est tombé…
Elle se tut mais cet intime reproche ne quitta pas l’enfant. Il se mua en remords. Là est la couche du diable. Il dort sur de la braise. »
Serge Lutens

 

La Couche du Diable, l’Eau de Parfum

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